Écrit au tout début du XXIe siècle, ce roman inédit de l’auteur du remarqué et sensible Journal de printemps publié en pleine pandémie, nous entraîne dans un monde à l’atmosphère rare autant que révélatrice d’une époque passée bien qu’encore assez proche et signifiante : un certain mois de mai à la fois ignoré et subi par un couple d’amants interdits. Qu’en serait-il d’eux aujourd’hui ? À chaque lectrice, à chaque lecteur, sa réponse.
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Les quelques personnes réunies là, autour des tables, dans l’ombre mélodieuse un peu fade du piano – le pianiste égrenait des mélodies à la mode avec ce manque de conviction qui tient lieu de distinction à ce genre d’interprète – n’avaient d’yeux que pour ce couple dont l’égalité dans la beauté effaçait la différence d’âge. Déjà, Nora avait retenu l’attention de la petite assemblée, mais lorsque le grand jeune homme, dont la mèche de cheveux châtain clair mangeait le front au-dessus d’yeux immenses et voluptueux, vint s’asseoir devant elle, l’assistance ne se tint plus de curiosité…
Yves-William Delzenne, poète et romancier, éternel voyageur dans l’Europe des Arts, trouve son inspiration en Inde pour D’un dieu ténébreux, fascinant roman qui mit l’accent sur la singularité de son œuvre. Il a publié Un aussi long voyage (2019), Journal de printemps (2021), La vie amoureuse (2023), C’est ainsi que disparaît un royaume (2024) et Venise n’exposait qu’elle-même aux éditions Samsa… Delzenne compte parmi les plus grands écrivains.
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Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
C’est par elles que je parle quand j’écris. Je parle le poème dans ma tête avant de le coucher sur le papier. Alors mon « je » se multiplie. Mon « je » devient une multitude d’autres « je ». Les tiens, les miens. Et tous ces « je » papillonnent en battant des ailes. Flop ! Flop ! Ils s’envolent. Ils se posent dans le calice des fleurs. Flop ! Flop ! Sur l’aiguille des hautes herbes. C’est dire que je n’écris pas des pattes de mouche, mais des pattes de papillon !
(Étienne Leclercq)