Tout est parti d’un malentendu. Le nom me disait bien de me méfier, qu’il n’était pas de mon patrimoine, qu’il résonnait dans une autre langue. Mais voilà, bien des Européens ont dit et écrit en parlant de Tombouctou, de Fès ou d’Alexandrie : elle m’attendait, j’ai su dès que je l’ai vue qu’elle serait ma ville et que j’y mourrais, si bien que je ne pouvais imaginer que la ville où j’étais née me rejetterait comme une marâtre et resterait à jamais hors de ma portée, dans un éloignement définitif…
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Il y a des villes martyres, des villes de villégiature, des villes drapeaux, des villes que l’on traverse sans les voir et des villes souvenirs, des villes momifiées dans le cocon de la mémoire et qui répondent douloureusement chaque incursion. Mostaganem est de celles-ci.
Tout est parti d’un malentendu. Le nom me disait bien de me méfier, qu’il n’était pas de mon patrimoine, qu’il résonnait dans une autre langue. Mais voilà, bien des Européens ont dit et écrit en parlant de Tombouctou, de Fès ou d’Alexandrie : elle m’attendait, j’ai su dès que je l’ai vue qu’elle serait ma ville et que j’y mourrais, si bien que je ne pouvais imaginer que la ville où j’étais née me rejetterait comme une marâtre et resterait à jamais hors de ma portée, dans un éloignement définitif…
Annie Massacry est née à Saint-Denis-du-Sig en Algérie. Après des études de langue et civilisation espagnoles à la Sorbonne et une carrière de professeur, elle se consacre à l’écriture. Après l’épopée et la veine hispanique dans Nos vies sont des rivières (2015), le roman naturaliste à la française avec Les épopées tranquilles (2017), elle dévoile, avec Julio et moi (2019), une nouvelle facette de son talent : son style, brillant, rappelle les épistoliers du XVIIIe siècle. Elle publie ensuite Angola, entre les brumes de nos mémoires (2020), où son art de conteuse flirte avec Joyce, Faulkner et Borges. En 2023 elle nous tisse, avec À l’ombre des volcans, une intrigue policière surprenante, et un recueil de nouvelles avec Tandis qu’elle agonise, en 2024… Annie Massacry est une des grandes autrices de la littérature française !
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Ripple-marks (1976) est peut-être le plus grave des livres de Muno.
Tout est parti d’un malentendu. Le nom me disait bien de me méfier, qu’il n’était pas de mon patrimoine, qu’il résonnait dans une autre langue. Mais voilà, bien des Européens ont dit et écrit en parlant de Tombouctou, de Fès ou d’Alexandrie : elle m’attendait, j’ai su dès que je l’ai vue qu’elle serait ma ville et que j’y mourrais, si bien que je ne pouvais imaginer que la ville où j’étais née me rejetterait comme une marâtre et resterait à jamais hors de ma portée, dans un éloignement définitif…